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Mon chat demande des caresses et finit par me mordre : est-il bipolaire ?


« Je ne comprends pas mon chat : il vient, se frotte à mes jambes, se pose sur mes genoux, et quand je le caresse, il me mord… il ne sait pas ce qu’il veut ! »

Cette phrase, ou des phrases similaires, j’en ai entendu très souvent en consultation. L’humain ne comprend pas et se sent perdu face à l’attitude de son chat : « tu veux ou tu ne veux pas ? Faudrait savoir ! ». Frustration, incompréhension, ce type d’expérience vient abimer le relationnel et la confiance. Pourquoi ? Parce que l’humain interprète cet échange avec les codes de communication inhérents à sa nature et à son espèce.



Aussi, je vous propose un petit jeu : celui de vous glisser dans la peau de votre chat et de comprendre ce qui se joue pour lui lors

des interactions physiques.




Nature féline : j’ai des besoins et des modes de communications différents

 

Tout d’abord, il vous faut savoir que moi, chat (souvenez-vous : nous nous sommes glissés dans la peau du félin, miaou !), je suis par nature un être dit non grégaire. C’est-à-dire que, contrairement à d’autres espèces, je n’ai pas besoin de me constituer en groupe pour assurer ma survie. Moi, chat, j’ai un super pouvoir : je suis autonome et indépendant. A environ 4 mois, l’âge idéal du sevrage naturel, je pars vivre ma vie tout seul. Pas besoin de copains pour manger, chasser, observer, être en activité : je me suffit à soi-même.

Aussi, j’ai des besoins et des modes de communication tout à fait différents des espèces dites sociables.


 

Quand l’humain (lui, être imminemment sociable) va prendre beaucoup de plaisir à toucher (hu-main : ca ne s’invente pas), à rassurer l’autre en le prenant dans ses bras, à fixer son interlocuteur lorsqu’il s’adresse à lui, moi, chat, j’évite les regards trop soutenus sur le congénère, je ne miaule presque plus et, surtout, je ne touche que très peu les autres chat.

Ma nature profonde (et la vôtre aussi) conditionne ma façon d’être et de communiquer avec l’autre.

Quand pour l’humain il est naturel d’avoir des interactions tactiles, pour moi, chat, elles sont un véritable apprentissage.

Moi, chat de maison, je dois au quotidien gérer une ambiguïté qui vous est inconnue : faire partie d’une espèce dite non sociable et pour autant vivre en communauté avec vous, humains, et parfois même avec des congénères et des chiens.

Alors, il me faut, une fois de plus, déployer beaucoup d’efforts pour m’adapter et trouver un compromis entre ce que je suis par nature, l’évolution actuelle de mon espèce et ce que l’environnement m’offre (ou souvent m’impose).



Seuil de tolérance : je suis unique

 

Selon tout un tas de critères bien précis, je vais plus ou moins apprécier et tolérer le contact avec l’humain :


  • Quelle est ma capacité d’adaptation ? La taille de mon réservoir émotionnel ? Si j’ai été, moi chat, sevré précocement, j’aurai une plasticité comportementale plus réduite et une faculté adaptative moindre. Je serais plus sensible aux sur-stimulations et aux surinvestissements


  • Quel est mon seuil de tolérance ? Qui est variable selon les jours et les périodes de ma vie (comme vous),


  • Comment s’est passée ma familiarisation à l’humain ? Chaton, est-ce que les interactions ont été positives, bien menées, respectueuses de mon intégrité physique ?


  • Mon tempérament propre,


  • Mon histoire individuelle et mes expériences


  • Mes préférences : il y a peut-être des endroits où je n’aime pas être touché et d’autres où j’adore !

 

La caresse ne m’est pas innée, c’est un apprentissage. Ce n’est pas codé dans mon ADN, c’est une évolution qui s’opère tout doucement et de manière différente et individuelle pour chaque chat.

 

Aussi, vous, humains, ne partez pas du principe que la caresse est appréciée et souhaitée. Pour vous, souvent, car elle fait partie de votre mode de communication et de vos besoins (attention, explosion d’ocytocines !). Pour moi, elle va dépendre de mon seuil de tolérance à l’instant T, de qui je suis et si j’ai envie.

 

 

Des comportements et des signaux de communication non compris et non respectés

 

Le fait que je me pose sur vos genoux, que je me frotte à vos jambes ou que je me roule par terre et vous montre mon ventre n’est aucunement une invitation à me toucher. C’est un gros malentendu entre nous !

 

Lorsque je me pose sur vos genoux, j’ai tout simplement envie être à vos côtés, au chaud et tranquille car, bien souvent, vous vous installé sur le canapé en fin de journée. Je vous sens plus disposé et détendu ; ces moments calmes me plaisent et me rassurent.

 

Lorsque je me frotte à vos jambes, peut-être suis-je un peu excité ? Vous venez de rentrer d’une longue journée de travail et je suis resté seul, sans activités. Ou peut-être est-ce le moment de manger ma pâtée adorée ? Et puis, vous le savez, j’aime disséminer mes odeurs un peu partout dans l’environnement et vous faites partie de celui-ci.

 

Lorsque je me roule par terre, c’est pour me détendre, m’étirer, me masser le dos et déposer entre temps ma carte d’identité. C’est un comportement que j’effectue lorsque je suis détendu, lorsqu’il y a du soleil par exemple ! Mais halte là, ce n’est pas une invitation à gratouiller mon ventre ventre si fragile ! D’ailleurs, vous aussi, humains, pour la grande majorité, vous n’aimez pas que l’on touche cette zone si sensible !

 

S’il est un défaut que j’observe très souvent chez vous, humains, c’est cette insensibilité aux signaux que je vous envoie ! Pourtant, je vous observe beaucoup, moi, de mon côté. Je vous connais par cœur : je sais exactement à quelle heure vous vous levez, ce que vous faites en premier. Je devine aussi lorsque vous êtes stressé ou heureux ; je vois à votre visage si vous êtes tendu et je flaire vos variations hormonales. Je suis un véritable Sherlock Homes de l’humain !

 

De votre côté, je suis au regret de vous dire que vous n’êtes pas très doués quant à l’interprétation et la compréhension de mes comportements et mes signaux de communication. Il faut dire que vous ne m’observez pas beaucoup : vous me caressez sans même me regarder, par habitude, machinalement, en pensant que j’apprécie.


Mais, si vous prêtiez attention, vous pourriez observer :

  • Mes pupilles se dilater

  • Mes oreilles bouger

  • Ma queue fouetter (même doucement)

  • Mon pelage s’électriser

  • Ma tête se tourner vers vous ou se détourner de votre main

 

Malheureusement, le seul comportement qui vous fait stopper, c’est la morsure ou la griffure.


Alors, je ne suis pas bête ; je suis même plutôt très intelligent et je déduis ! On apprend vite et bien ! Pour vous, la seule façon de vous faire arrêter votre geste est de vous mordre ou de vous griffer. Alors la prochaine fois, je ne me fatiguerais pas à vous envoyer tous mes signaux félins : j’utiliserais votre langage directement. En langage scientifique, on appellerais ce processus “instrumentalisation du comportement”. Pour moi, peut m’importe : instrumentalisation ou pas, ce comportement me permet de poser mes limites et de passer un message : “stop”.

 

Donc, si je vous mord ou vous griffe lorsque vous me caressez, ce n’est pas parce que je suis bipolaire : j’ai juste appris à me positionner et à m’ajuster à vous. C’est la communication que j’ai développé à votre contact, tous les signaux d’avertissement propres à mon espèce n’ayant pas été pris en considération.

 

Sachez donc que des interactions trop longues, non consenties, à des moments non opportuns, sur des zones sensibles de mon pelage peuvent occasionner chez moi ce type de réponse. Comment voulez-vous d’ailleurs que je vous fasse passer le message autrement ?

 

Apprenez à observer mes signaux d’inconfort et respectez les. Mettons en place un relationnel basé sur la proposition et le consentement afin d’instaurer des interactions de confiance.



Et si malgré ses conseils et explications les échanges restent quelque peu difficiles, tendus et conflictuels, je vous invite à contacter Lydie afin d’en discuter avec elle ! Elle nous connait bien et elle saura vous aider !





 
 
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